Paris, au quotidien.
Je fais une balade d'une heure, à la tombée de la nuit, entre chez moi et le Sacré Cœur. J'en prends plein les sens : les couleurs, les odeurs, les bruits, les gens. J'ai les yeux en soucoupes, presque des assiettes : envie de les bouffer du regard, tous. Plusieurs fois, je pourrais pleurer, ni de peine, ni de joie - de sentir ? Un type peint le cabaret Au Lapin Agile depuis le square Roland Dorgelès. Un SDF est couché à un mètre de lui - le même aperçu ici avec Etienne, l'hiver dernier ? Rue Saint Vincent, une odeur de siège de voiture qui me renvoie à l'arrière de celle de mes parents. J'approche du Sacré Cœur, un type joue une bossa, puis un rock. Ensuite c'est la foule, alors je rebrousse chemin. Je vais au pied du château d'eau dessiné avant-hier. Les rues sont belles, j'ai envie d'entrer dans toutes les maisons. Rue Duhesme, il fait trop sombre pour dessiner alors je me contente de regarder. Je retrouve ma rue. Encore quelques étages : je suis rentré.